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jeudi 6 avril 2023

La Gazette du Hérisson N° 286

 


Le massacre autour d'Aumont:

La forêt autour d'Aumont est une Forêt Domaniale dont la gestion est confiée à L'O.N.F., selon un "plan de gestion" établi et validé. Je pense donc que plus qu'une forêt privée, ce domaine nous appartient et qu'il ne me paraît pas subversif de penser que les Aumontois, pourraient émettre un avis, même consultatif, sur son aménagement forestier. Une préservation d'une bande le long de la route de Senlis avait été demandée et programmée. Qu'en reste-t-il? Un effet de masse doit être mis en place. C'est la raison pour laquelle je fais appel à votre énergie. R.B..

samedi 1 avril 2023

La Gazette du Hérisson N° 285

 

Un désastre annoncé:

 
Il y a un an déjà, la Gazette du Hérisson, avait pu  vous annoncer ce massacre dans la forêt autour d'Aumont. Des coupes qui amputent la forêt de ses arbres majestueux, pendant au moins cinquante ans au mieux, sont entreprises à l'entrée du village. On nous avait annoncé qu'une bande serait préservée en bordure de route, mais regardez les photos, elles montrent l'importance de ce désastre. En parler autour de nous pourrait entrainer comme réponse "on n'y peut rien", à moins qu'un sursaut de clairvoyance... R.B..

mercredi 28 décembre 2022

La Gazette du Hérisson N° 284

 

 

Meilleurs vœux.

L'ambiance délétère de ces dernières années s'améliorant, le Hérisson vous présente ses meilleurs vœux pour la nouvelle année, période qu'il souhaite à nouveau plus riche en contacts variés. Avec le printemps, nous irons vers une vie plus "normale". Nous en profiterons pour vivre cette nouvelle "normalité", faite de rencontres et d'activités diverses, privilégiant notamment la culture et notre cadre de vie. R.B..

mardi 17 mai 2022

La Gazette du Hérisson N° 283

 

Cherchons la bonne raison:

Il y a quelques mois, un courrier désobligeant de nos édiles me rappelait les bonnes manières; il concernait le manque d'entretien de mon trottoir, gênant la circulation "des piétons et véhicules" dans la rue Martha Angelici. Je vous joins la photographie pour que vous puissiez vous faire une idée de son état actuel. Il est vrai que piétiner maintenant un parterre de marguerites est une véritable gêne. R.B..

lundi 2 mai 2022

La Gazette du Hérisson N° 282

 

 
La fibre.

Après de nombreux appels téléphoniques, messages ou courriers, réguliers, pendant des années, tant auprès du Conseil Départemental que de notre Sénateur, Aumont est enfin éligible à la fibre chez tous les fournisseurs, SFR, Orange ou Free. Je suppose et j'espère que d'autres interventions ont dû aller dans ce sens. Je suis en première analyse satisfait du travail effectué par le sous-traitant de Free (travail minutieux, disponibilité...) et par le résultat sur les différents services. R.B..

jeudi 24 février 2022

La Gazette du Hérisson N°281

 


 Un coup de vent habituel en cette saison:

Il n'est pas rare de voir en cette saison des coups de vents privant certains secteurs d'électricité (bien que certains spécialistes autoproclamés préconisent encore des groupes électrogènes), déracinant quelques arbres, ou en cassant d'autres. A l'entrée du village d'Aumont, un véhicule incendié avait condamné un arbre. Nous avions alors craint que ce dernier ne tombe sur la route. Le vent en a décidé autrement et ce dernier est tombé du coté de la forêt. Les bons conseils de Monsieur Queuille sont une fois encore d'actualité. R.B..

mardi 15 février 2022

La Gazette du Hérisson N°280

 

Hérissons-nous.

Une tragédie continue de se dérouler autour d'Aumont. Il faudra au moins cinquante ans pour espérer revenir à un état équivalent. Des dizaines d'arbres en pleine vigueur sont abattus autour de notre village dans la plus grande indifférence. Que la forêt soit entretenue est une chose, qu'elle soit traitée de cette façon en est une autre. Faites un tour du village par la forêt et constatez ce désastre, au moins vers le captage de la place des Fêtes. Je peux vous communiquer le numéro de téléphone de la Mairie, qui pourrait peut-être transmettre nos doléances à l'O.N.F.. R.B..

samedi 29 janvier 2022

La Gazette du Hérisson N°279

 

La presse nous informe

La presse nous informe de la prochaine mise en chantier de la quatre voies D1330 entre la faisanderie et l'autoroute. J'ai tenté de vérifier cette information en scrutant attentivement l' Echo de la Butte. J'ai dû mal  regarder, car je n'ai rien trouvé. Un passage pour animaux traversant la D1330 sera bien installé. Peut-être deux ou trois à l'avenir avec quatre millions supplémentaires par passage nous dit la presse. L'amélioration sur la D1330 permettra aux 38000 véhicules par jour de transiter plus facilement. Quant aux sangliers, peut-être profiteront-ils de cette opportunité pour vermiller dans d'autres gagnages. R.B.

vendredi 7 janvier 2022

La Gazette du Hérisson N°278

 

 

La 15000ième

Nous arrivons à ce nombre étonnant de consultations de notre blog le Hérisson d'Aumont. Nous publions aujourd'hui un dernier article de P.Lamps sur le "Jésus" d'H.Barbusse. J'y joins une réflexion d'une lectrice anonyme de Barbusse.

Je laisse la plume à P.Lamps. R.B.

 

"Aux Aumontois, voisins, muets encore, d'un trésor symbolique, universel et ruiné : rue de la Gruerie."

 "JÉSUS" D'HENRI BARBUSSE

 En 1927, Jésus de Nazareth est invité à la table de la Révolution. Henri Barbusse, membre du Parti depuis 1923, directeur littéraire de l'Humanité, écrit coup sur coup "Jésus", puis "Les Judas de Jésus". 
Le premier Jésus, "ce pauvre homme qui a passé", est rédigé sous la forme d'un nouvel évangile, humain, factuel, celui de la vie terrestre et de la figure humaine du prophète juif. Jésus y est rendu à l'Histoire, arraché à l'institution de l'Église, qui a corrompu son message.
Quelques mois plus tard, Les Judas de Jésus apparaît comme une étude quasi-archéologique, révélant un Jésus néo-kantien, rationaliste, révolté, communiste au sens premier du terme. "La science historique s'est enfin emparée de l'Histoire Sainte", écrit Barbusse. 
En 1928, troisième acte : Barbusse écrit un drame, total et moderne : "Jésus contre Dieu, dramaturgie médiévale, mystère avec cinéma et musique". Le message de Jésus verse alors au compte de la Révolution les mots du Sermon sur la montagne  
Jésus a dit : " Je suis venu pour jeter le feu sur la terre, et que ne désiré-je, sinon qu'il s'allume ?" (saint-Luc, XII, 40). Le feu : pour Barbusse, il est temps que ce brasier incendie  le vieux monde et illumine le nouveau de paix et de justice. Bien avant 1917, toute son oeuvre, depuis Les Suppliants (1903), depuis L'Enfer (1908), porte la marque de la Révolte, dans le siècle et sur la terre. Marque, à la fois, du matérialisme marxiste et de l'inquiétude spirituelle. 
Une question se pose pour les  bolcheviques orthodoxes : pourquoi faire appel, à trois reprises, à la figure du Galiléen ?  Certains soupçonnent là une étrange déviation. Maurice Thorez fait savoir que le Komintern a très mal reçu les derniers livres de Barbusse. À Moscou, on pense qu'il y a bien d'autres héros historiques, comme Lénine ou Staline, pour porter haut le message révolutionnaire. En France, les camarades s'étonnent, certains comprennent mieux. Mais il y a aussi des ricanements et du mépris : pour André Breton, Barbusse n'est pas seulement "réactionnaire, mais retardataire."  

Et pourtant, tout était là bien avant les "Jésus". Dans Le Feu (1916), le soldat torturé dans la tranchée boueuse, héros misérable, est un prophète, par sa souffrance même, qui l'excède, et le transfigureDans le roman Clarté (1919), un homme s'écrie : " La Terre, le Ciel. Je ne vois pas Dieu. Je vois partout l'absence de Dieu. Le regard qui parcourt l'espace revient, abandonné. Et je ne l'ai jamais vu, et il n'est nulle part, nulle part, nulle part." 
Qui parle ? Pourquoi cette triple invocation désespérée : "nulle part" ?  Est-ce là le constat amer d'un néant spirituel ? L'appel semble sonner comme les coups du destin...  ou comme le triple reniement de Pierre au Jardin des Oliviers, avant l'aube. 
Henri Barbusse, écrivain et homme d'action, se sent prophète par vocation intime, impérieuse, exigeante, mais terrestre : il se bat ici, maintenant, pour les peuples, pour la paix... 
Cependant, s'il rejette le mystère de la foi en tant que lien mystique avec un Dieu absent, ne demeure-t-il pas profondément tourmenté par cette béance métaphysique ? 
On ne peut écarter la question d'un revers de main, tant l'homme et l'oeuvre sont complexes. Aurait-il senti, dans son combat,  la nécessité, non seulement de donner à la Révolution une généalogie fondée sur la figure historique d'un Jésus devenu après deux siècles  "compagnon de route", mais encore de dévoiler partiellement une interrogation secrète, intime, quant à  l'insuffisance intrinsèque de la pensée et de l'action de l'homme sans dieu ? 
Qui le sait ? P.Lamps
Les mots d' une lectrice de "Jésus" d'Henri Barbusse :

  "J'ai ressenti à la lecture de Jésus que Barbusse nous conviait à une rencontre, dans une proximité de relation, avec un homme qui parle aux hommes. Cette relation s'établit dans une intemporalité, les mots y sont paroles d'éternité. Certains mots me rappellent mon catéchisme : il fallait croire au "Saint-Esprit". Les mots du livre proposent un sens universel, transmis de Jésus à Barbusse, et de Barbusse à  chacun d'entre nous. " Quand je dis que l'esprit est en nous je ne dis pas qu'il est clôturé en nous, mais je dis qu'il commence en nous".

Jésus. Cela semble clair, Barbusse écrit dans "Paroles d'un combattant" (1920) :" Tu te bats pour la justice et pour la libération des hommes, et pour cela seulement".  Barbusse a préparé la transmission de ce livre en archéologue.  De  nombreux passages, comme d'autres écrits de Barbusse, nous parlent d'un même idéal commun : " Notre idéal est fort parce qu'il est juste ... il est révolutionnaire".

"Dans Jésus,  Barbusse s'inscrit dans l'histoire politique, sociale et culturelle. Ses oeuvres, ses combats, ses actions  sont à transmettre aujourd'hui dans l'espace civique, philosophique et pédagogique. 

Espoir fragile, pour le moment."



samedi 18 décembre 2021

La Gazette du Hérisson N°277


  Vaccinations.

En attendant un éventuel bus médical accompagné d'un discours convaincant, répété et insistant, nous vous proposons de vous aider à prendre rendez-vous puis à vous transporter au centre de vaccinations retenu. Qu'on se le dise. R.B.

La Gazette du Hérisson N° 276

 

Meilleurs vœux.

Malgré l'ambiance délétère de ces dernières années, le Hérisson vous présente ses meilleurs vœux pour la nouvelle année, période qu'il souhaite à nouveau plus riche en contacts variés. Avec le printemps, nous pourrons sûrement aller vers une vie plus "normale". Nous en profiterons pour vivre cette nouvelle "normalité", faite de rencontres et d'activités diverses, privilégiant notamment la culture et notre cadre de vie. R.B.

jeudi 2 décembre 2021

La Gazette du Hérisson N° 275

 


 Ouf!

Un beau cerf, exténué a tenté de se réfugier dans le grand jardin d'un Aumontois. En vain. Gracié, il a pu rejoindre sa forêt après une trop longue traque. R.B.

mardi 19 octobre 2021

La Gazette du Hérisson N°274

 

Jésus et le combattant (de la paix) .

 

Pendant la Grande guerre, écrivant à sa femme Hélyonne, alors qu’il compose Le Feu, Henri Barbusse s’emporte, dans une courte plaidoirie : «  Jésus de Nazareth n’a pas mérité le mal que lui a fait l’Église ». Cet aveu ne peut sembler paradoxal qu’à ceux qui se refusent à considérer les contradictions et les déchirures — aveuglantes — entre l’histoire temporelle de l’Institution romaine et le Sermon sur la montagne prononcé par le Christ dans l’Évangile.

Cependant, en 1896, fiancé avec la même Hélyonne, fille du chef de file des poètes parnassiens Catulle Mendès, le jeune Barbusse avait asséné à sa fiancée, dans une lettre, qu’elle allait « épouser un athée qui souscrit aux théories immanentistes de Kant et de Bergson ».

Diable. On ne sait pas ce qu’en pensa Hélyonne. Henri Bergson avait été, ainsi que Pierre Janet — philosophe et médecin — professeur du jeune poète-philosophe… Barbusse, « athée et kantien » for ever : déclaration gravée dans le marbre. Ainsi écrivent les jeunes gens à la fille qu’ils aiment pour toujours…

 

Mais il faut observer de près le long et fervent combat que fut la vie de Barbusse, au travers de ses livres et de son action politique (qu’il est impossible de distinguer les uns de l’autre), et remonter à l’origine, ou plutôt à une généalogie spirituelle marquée par une histoire douloureuse et violente : celle des Camisards. Les ancêtres de Barbusse, cévenols d’Anduze, furent des résistants camisards, après la révocation de l’Édit de Nantes en 1685.  Quinze ans plus tard, certains de ses ancêtres furent d’ailleurs arrêtés à Toulon pour avoir choisi la « réconciliation avec Dieu » protestante.

Le père d’Henri lui-même avait entrepris des études de théologie à la faculté de Genève, études qu’il jugea « mornes et austères »… Le père perdit la foi. Mais la dimension spirituelle fut-elle jamais étrangère au fils — dans sa vie comme dans son œuvre —, malgré sa vigoureuse protestation d’athéisme ?

 

 1918 : après la saison du massacre et le désastre européen que fut la guerre qu’on appelle étrangement « grande », Barbusse avait compris qu’une solution de continuité, radicale, dans l’Histoire, était nécessaire, pour qu’adviennent  la paix et à la justice sur terre.

Ainsi, à cinquante ans, en 1923, déçu par l’évolution du mouvement universaliste et humaniste Clarté, qu’il avait fondé, il se décida à adhérer au Parti communiste. C’est alors qu’au grand étonnement de certains camarades du parti, Barbusse, responsable des pages littéraires du quotidien L’Humanité, écrivit coup sur coup trois livres : Jésus et Les Judas de Jésus (1927), puis Jésus contre Dieu (1928). 

Pourquoi la nécessité de faire entrer Jésus sur la scène de la toute neuve révolution ?  P.L.

 

samedi 9 octobre 2021

La Gazette du Hérisson N° 273

 


La presse nous informe. Le bon sens serait-il de retour?
"L’exécution de l’arrêté du 13 septembre 2021 de la préfète de l'Oise autorisant la régulation des renards est suspendue en attendant le jugement sur le fond. », telles sont les conclusions du tribunal administratif d'Amiens." 

"C'est une très bonne nouvelle de savoir que l'arrêté qui condamnait à mort 1700 renards dans l'Oise a été suspendu par la tribunal aujourd'hui, se félicite Muriel Arnal, la présidente de l'association One Voice. C'est le côté irréversible qui a motivé le tribunal à accepter notre référé, le fait qu'une fois tués nous ne pouvons plus les protéger. D'autre part, ni la préfecture, ni les chasseurs n'apportent la preuve que tuer des renards va protéger la petite faune des petits gibiers que souhaitent tuer les chasseurs". R.B..

jeudi 16 septembre 2021

lundi 6 septembre 2021

La Gazette du Hérisson N°271.

 





Un abonnement d'un an à la Gazette pour celui qui reconnaitra ce personnage? R.B..


vendredi 3 septembre 2021

La Gazette du Hérisson N°270.

 


HENRI BARBUSSE L'AMÉRICAIN.

Tant son parcours politique, littéraire, éditorial est caricaturé, on a oublié qu'Henri Barbusse fut, à la fin de la Grande Guerre, un fervent partisan des thèses  du président américain Woodrow Wilson.
Reprenons donc. En décembre 1917, un an après son Prix Goncourt, Barbusse souhaite fonder une revue qui devait s'appeler Le Feu. Il envoie des notices de présentation, afin de trouver des soutiens financiers privés : à Natalie Clifford-Barney, influente femme de lettres américaine; à Salomon Reinach, archéologue et anthropologue de renom ; ou encore à la duchesse de Clermont-Tonnerre, née de Gramont. Le but de l' entreprise est de faire entendre  très largement la voix pacifiste et humaniste du président Wilson, qui vient d'engager l'armée américaine auprès des alliés. Il s'agit également d'associer les projets de paix américains et les idéaux de la République française. 
Le 25 juin 1917 (après avoir exigé dès 1914 de combattre au front malgré son âge et avoir reçu la Croix de Guerre) Barbusse écrit que "tout dans Le Feu est conforme aux idéaux de Wilson". Un mois plus tard, les "quatorze points du président Wilson", qui participeront à jeter les bases du futur droit international, rassemblent les éloges des catholiques radicaux, des socialistes, des libéraux, de bien d'autres, et enthousiasment une grande partie des opinions européennes. Parmi ces quatorze points, rappelons-en six : la nécessité du libre-échange, de la démocratie, du libre accès à la mer, du droit des peuples à l'autodétermination, l'abolition de la diplomatie secrète, la restitution des souverainetés territoriales... 
Le 15 novembre 1918, Wilson est nommé, au nom de l'Association républicaine des anciens combattants - que Barbusse avait créée en 1917 -, "citoyen du monde". La CGT affirme son attachement aux quatorze points du président Wilson. Chacun peut se reconnaître, affirme le syndicat, dans l'universalité des notions de patrie, de paix, de démocratie, d'internationalisme. À l'aube de 1919, l'alliance des figures du pape Benoît XV et du président Wilson créée une immense espérance.  Le 17 février, Paul Vaillant-Couturier avait écrit : "Wilson fut notre puissant ami". 
Mais, las, la dure réalité du monde s'impose. Romain Rolland, dans une lettre à son ami Barbusse, le 25 juin 1919, prononce : "Ce n'est pas avec le Tout-Paris que l'on peut édifier la cité future". L'espoir s'effrite. La dure réalité des traités léonins va s'imposer. Barbusse, accompagné du très vieil Anatole France, obtient une audience auprès du président américain. Les deux hommes de lettres ressortent déçus : "Il ne nous a fait qu'une réponse bien vague".
Le ciel des idées n'a pas éteint le feu. 
Que faire ? P.L..

jeudi 19 août 2021

La Gazette du Hérisson N°269

 

Le savez-vous?

Le retentissement  en Europe du roman d'Henri Barbusse, Le Feu, prix Goncourt 1916, fut immense. Mais peu savent  - parce que le livre " Conversations avec Kafka"* est devenu  introuvable - que Franz Kafka lui-même, en 1920, lors d'un entretien avec le jeune poète et musicien tchèque Gustav Janouch, le commenta pour son interlocuteur, qui rapporta ainsi la conversation :


"Un parent du compositeur Gustav Mahler, mon condisciple George Kraus, me prêta deux livres de l'écrivain français Henri Barbusse: Le Feu et Clarté. Kafka, pour qui j'avais en fait emprunté ces deux livres, me dit : "Le feu, image de la guerre, correspond à la vérité. Mais la clarté, c'est un titre qui exprime un désir et un rêve. La guerre nous transporte dans un labyrinthe de miroirs déformants. Nous errons en trébuchant d'un trompe-l'œil à l'autre, victimes désemparées de faux prophètes et de charlatans, dont les remèdes miraculeux pour obtenir le bonheur à bon compte ne font que nous boucher les yeux et les oreilles: et nous tombons d'une oubliette dans une autre, passant à travers tous les miroirs comme à travers des trappes." 
Je dois avouer que, sur le moment, je ne saisis pas pleinement ce que me disait Kafka. Mais, soucieux en même temps de ne pas avoir l'air borné, je me dissimulai derrière une question : " - Qu'est-ce qui nous a placés dans cette situation ? Et qu'est-ce qui nous y maintient ? Il a bien fallu, d'une façon ou d'une autre, que nous nous engagions spontanément dans cette galerie des glaces ? Qu'est-ce qui nous y a poussés ? " 
"- Notre avidité et notre vanité surhumaine, répondit Kafka, l'hybris de notre volonté de puissance. Nous luttons pour des valeurs qui ne sont pas des valeurs réelles et nous ruinons sans y prendre garde des choses auxquelles est liée notre existence humaine tout entière. C'est là une confusion qui nous jette dans la boue et qui nous tue."

Henri Barbusse à Aumont-en-Halatte, Franz Kafka à Prague,  bien des "hommes de bonne volonté" dans le monde, partagèrent toute leur vie cette réflexion et cette inquiétude. 


* Conversations avec Kafka, Gustav Janouch, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, éd. Maurice Nadeau, 1978, coll. Les Lettres nouvelles. P.L..


samedi 14 août 2021

La Gazette du Hérisson N°268

 


La démesure.

Si des décisions administratives vous interrogent, d'autres paraissent vraiment incompréhensibles. Je vous en livre une, annoncée dans la presse:

"Le 23 juillet, la préfecture publiait un arrêté – jugé illégal – autorisant le tir de 1370 renards dans le département. Sous la pression des défenseurs de l’environnement, les autorités viennent de revoir leur copie et prévoient désormais l’abattage… de 3000 bêtes." R.B..

lundi 9 août 2021

La Gazette du Hérisson N° 267

 



 Offre d'un savonnier en octobre.

En octobre ou novembre, en attendant qu'Aumont plante un tilleul de Henry ou/et un ginko biloba, j'offre un savonnier. R.B.

samedi 24 juillet 2021

La Gazette du Hérisson N°266

 


Henri et Helyonne Barbusse devant la villa Sylvie 
(sans doute après la guerre)

De L'Enfer au paradis (d'Aumont-en-Halatte)

Après s'être laissé aller à une poésie décadente et à l'exercice du journalisme, Henri Barbusse publie en  L'Enfer  en 1908 :  l'immédiat succès éditorial du roman lui permet d'acheter la villa Sylvie à Aumont-en-Halatte, rue de la Gruerie. Il s'y installe avec sa femme Helyonne, fille du chef de file des poètes parnassiens, Catulle Mendès*. Lassé des faux semblants de la vie parisienne, Barbusse préfère l'ermitage intellectuel d'Aumont et  ses frondaisons lumineuses.
L'Enfer est le roman d'un voyeur, devenu philosophe malgré lui. Confiné dans une chambre d'hôtel, le narrateur a remarqué un orifice minuscule dans une cloison. Comme au travers d'une "camera obscura", il peut observer les clients de passage, personnages  tragiques d'un monde dont les tableaux défilent dans la chambre voisine,  exposant leurs scènes intimes, sordides et troublantes. Dans ce roman à la forme innovante, le lecteur reste stupéfait, méditatif, tremblant. Au travers des yeux du narrateur, il devient lui-même le "voyeur" d'une humanité intime et vraie : celle des amours interdites, des névroses, de la maladie, de la mort, du crime. Barbusse a fait en sorte que le lecteur ne sorte pas indifférent de L'enfer. En quelque sorte, qu'il s'en trouve "contaminé".
Enfer ; Feu ; Clarté**: c'est la lumière que cherche Henri Barbusse, obstinément, désespérément, courageusement. Il ne faudrait pas que nous oubliions tout à fait. ce brillant  Aumontois. P.Lamps.
P